[αятι¢ℓє ρяємιєя]

[αятι¢ℓє ρяємιєя]
____Je viens de la région ou les taux de suicides,
d'alcoolémie et de folie sont les plus élevés en
France. Je ne crois ni aux statistiques ni aux
coïncidences. C'est pourquoi j'écris.

____L'idée de commencer un nouveau blog (argh ce mot infâme et démuni d'un quelconque sens. Qui le premier trouvera un synonyme satisfaisant ?) m'est apparue comme passage obligé, aussi surprenant que cela puisse paraître, au réveil d'un rêve, que j'ai subit une nuit d'intense et moite chaleur. Pour être franc, cette dite idée abâtardissais déjà mes pensées avant ce tournant brutal mais décisif. Je vous en fais ici et maintenant le récit :

Un accident de voiture. Un carambolage monstre. Je. Je suis au volant. Il est en plastique glissant. Je suis au volant. Il est en plastique fluo. Les Daft Punk dans les oreilles. La voiture. Je roule vite. Television. Trop vite. Encore plus vite. Rules the nation. Les kilomètres. Les lignes blanches discontinues filent sous les roues. La voiture mange la peinture. La route. Television. Je chante. Yeux fermés. Je vois la route à travers mes paupières closes. Baisse la vitre pour avoir. Me fait engueuler par mon frère. Rules the nation. Qui aurait préféré Katerine. Les cheveux dans le vent. Il veut que j'me la ferme. Fuck ta gueule ! Television. Me fout un coup d'pied. Asshole ! Dans le coude. Le tempo appuyé. Rules the nation. Martelé. Semble guider lui-même. Battu. L'habitacle. Quand je vois. Television. Paupières closes. Merde. Devant moi une voiture. Des phares. Rules the nation. Des crânes. Putain elle est arrêtée. Elle avance. Sur l'autoroute. Television. Trop tard. J'appuie de toutes mes forces. La pédale. Rules the nation. S'enfonce dans mon pied. Jusque dans mon genou. Saloperie d'connasse ! Pourquoi elle est arrêtée ? Television. Pourquoi elle roule à contre-sens ? Debout sur le frein. C'est un accident. Terrible accident. Rules the nation. Un malentendu. Ca peut être qu'un accident. Morbide quiproquos. Television. Et là tout se passe au ralenti. Regard de mon père. Tele. Yeux gris. Qui me disent que tout va bien s'passer. Vision. Le lecteur passe à la chanson. Alors que la voiture. Suivante. Putain d'accident de merde ! Continue d'avancer. Emotion. How a bitch ! Route humide forcément. C'est trop tard. Emotion. Aquaplaning. Toujours trop tard. Les Daft Punk qui continuent. Emotion. La vie continue. De chanter alors que la voiture. Pour le moment. Emotion. Arrête-toi putain ! S'encastre dans un tas. C'est horrible. De ferraille. Emotion. Informe. Je tourne la tête. Emotion. Vers mon frère. Il n'a pas le temps. Sa mère. Emotion. De crier. Il passe outre la ceinture. Emotion. De sécurité. Emotion. Emotion. Emotion.
Emotion.
[...]
"Qu'est-ce qu'il lui est arrivé à Florian ? Pourquoi avoir remplacé ses chemises de lover et autres chemises de socialistes pour ces uniformes d'ébène informes ?
- Son frère a traversé le pare-brise"

The worse nightmare I have ever done.

____A moins que ce ne soit tout bonnement après une nuit d'insomnie, à me lamenter sur mes coups de soleil - quelqu'un serait-il capable de me dire des choses valables sur le cancer de la peau ? - à pester contre Arte qui programme des films à 3:00, et qui à cette même heure, laisse l'antenne à France5, que j'ai inventé tout ça; qu'une nouvelle page de mon histoire s'est imposée sous ma dictée.

# Enviado el lunes 27 de agosto de 2007 04:59

Modificado el lunes 24 de septiembre de 2007 15:56

Les Mouettes- Parce que moi je préfère les levers d'soleil.

Les Mouettes- Parce que moi je préfère les levers d’soleil.
_____Les muscles des fesses ankylosés, dans une position f½tale qui aurait fait craquer n'importe qui tellement ça devait être adorable. Infortunément, les quelques personnes qui étaient dans l'auto n'avaient pas la prétention d'être n'importe qui.

_____Les marques de la vitre tatouées sur la joue, le pouce de la main gauche tout fripé et les yeux fatigués par les passages intempestifs et quasi réguliers des arbres, poteaux électriques et autres enseignes lumineuses qui jalonnent la route, je contemple ces points clignotants, qu'enfant, je me plaisais à qualifier avec un petit tremblement dans la voix, de soucoupes volantes. Je ne serais même pas étonner de voir apparaître Mufasa dans le bleu de la nuit. L'étoile du Berger dans l'axe de ma fovéa, je me demande si, comme dans la chanson de Michel, quelqu'un chante pour moi. Et je pense à toi qui, quelque part sur cette terre qui s'éteint, contemple peut-être aussi, en cette nuit des étoiles, le monde d'en dessous. Je pense à toi qui est le frère de tous ces points brillants. Celui dont tout le monde tourne autour ; Toi que j'attends. Quand le jour viendra, j'oserais enfin te regarder dans les yeux.
Je m'arroge le droit de te possessifier.
_____On traverse une ville à la lueur des néons, alors le ciel devient aussi opaque qu'un verre de coca dont les bulles se sont éteintes. Je ferme les yeux très fort afin de tapisser de larmes mes songes. Et quand je les rouvre enfin, à travers la rosée de mes cils, je revois la tête de mort que je croyais voir, enfant, dans l'ombre des phares de la voitures sur les bas-côtés.
Les yeux dans les orbites vides des phares, je me dis que je n'veux pas grandir. Je veux voir des cauchemars dans les dessins de la lumière sur les fossés, je veux être capable de dormir dans la voiture, comme avant.

_____Et soudain surgit face au vent, un éclair, troublant cette nuit agitée, toute en nostalgie.


Table des matières 1/10

# Enviado el viernes 31 de agosto de 2007 04:27

Modificado el viernes 31 de agosto de 2007 11:21

Orouet-Boys don't cry

Arroser mon envie soudaine d'être une madeleine, et pleurer.

_____Pour l'amour du geste. Pleurer comme si j'étais payé au mouchoir souillé. Pleurer pour reposer mes yeux. Pleurer pour sentir les larmes chatouiller mes joues. Pleurer parce que j'aime le goût de mes sécrétions lacrymales. Pleurer parce que je fais un concours avec Agate. Pleurer parce que j'ai soif. Pleurer pour hydrater les couches supérieures de mon épiderme. Pleurer parce que je craque pour les visages ravagés de larmes, partiellement déteints des actrices dramatiques. Pleurer pour pallier la sécheresse au Rwanda. Pleurer pour arroser mes idées fertiles. Pleurer pour avoir les cils en paquet et sentir l'oignon. Pleurer parce que je suis caché. Pleurer parce que ça fait craquer les filles et ça énerve les garçons. Pleurer pour le rôle, pour le public. Pleurer parce que j'aime me regarder dans les yeux, rougis et gonflés. Pleurer pour dire que c'est le vent ou une poussière dans l'½il. Pleurer pour refroidir mon thé. Pleurer pour m'amuïr, pour me muer en homme. « Pleurer me fait pousser comme une fleur ».

Pleurer parce que la mère de Bambi est morte.



Table des matières 2/10

# Enviado el viernes 31 de agosto de 2007 04:48

Modificado el domingo 27 de enero de 2008 15:21

Saint-Jean de Monts-Un homme inverti n'en vaut-il qu'un demi ? (entres autres questions rhétoriques)

Saint-Jean de Monts-Un homme inverti n’en vaut-il qu’un demi ? (entres autres questions rhétoriques)
_____Dimanche matin. Assis à une petite table, d'un petit bar/tabac/presse/pmu d'une petite bourgade de province, un jeune homme, allant sur sa majorité, à l'oreille aux aguets et à la vision panoramique, boit un chocolat chaud. Si chaud le chocolat qu'il repose la petite tasse blanche dans la soucoupe prévue à cet effet.
Un train passe tout près d'ici ; on le voit par la fenêtre ouverte qui donne sur l'extérieur. Pendant cinq secondes, la musique, pourtant déjà forte, ainsi que le bruit triangulaire de la cuiller vibrant contre la porcelaine de la tasse, sont noyés dans le rugissement de la bête humaine. Le train passé, les conversations reprennent.
_____Sous la table du jeune homme, pantalon en lin blanc cassé (récemment troué) et polo ouvert bleu nuage, se mariant d'ailleurs à merveille avec le marron sixties de la tapisserie, se croisent des tongs, des mocassins noirs, des espadrilles et de vulgaires claquettes. Sur la table, trois journaux ouverts se font gribouiller de suites de nombres par des mains habituées dont les s½urs font la navette à intervalles irréguliers entre le pose-verre en carton et la bouche de leur propriétaire.
_____Les chaussures des deux femmes de la table voisine ne sont pas visibles par le jeune homme aux ongles vernis mais il peut aisément les deviner : deux paires de chaussures ouvertes quasi identiques qui leur boudinent la peau rêche des pieds, avec même probablement des petits talons. Pas de complexe pédestre au vu de la conversation joyeuse qui les fait s'animer au pied des chaises. « Enceinte, je ne l'ai pas encore dit à Philippe ». A y réfléchir, il est vrai qu'elle a le ventre caractéristique de la situation se risque à penser trop précipitamment le jeune homme qui n'a pas eu le temps de se raser ce matin. « De trois semaines ». Le dit jeune homme étouffe son étonnement dans une gorgée brûlante de chocolat. « Le quatrième, ba dis donc tu chômes pas toi ». C'est à cet instant précis, en regardant le grain de beauté qui troue la joue de la femme au ventre rond en son milieu, que le jeune homme, qui possède lui aussi un grain de beauté, mais plus discret, qui porte mieux son nom, une petite mouche gracieuse, imagine la tête du mari de la mère de bientôt quatre enfants en question. Le résultat de cette réflexion qui faisait appel à l'imagination débordante du jeune homme tombe quelques secondes plus tard : s'il te plaît, arrête de faire des enfants Madame.
_____Les ongles sortent des orteils de son interlocutrice avec un angle peu commun, ce que le jeune homme aux cheveux bouclés ignorent encore, mais il détourne quand bien même la tête en quête de nouveaux acteurs aux textes incisifs.
Ses yeux verts se posent alors dans le coin supérieur gauche de l'image qu'il s'est faite du bistrot (mot d'origine russe, voilà ce qu'on peut apprendre dans les journaux télévisés de TF1 entre Téléfoot et Walker Texas Ranger). C'est à cet endroit qu'est échoué, incongru, un antique baby-foot. L'épave se trouve ballottée – comment Dieu se fait-il que le navire n'ait pas déjà rendu l'âme au milieu du port, sous les yeux embrumés des quelques vieux loups de mer ? – des deux côtés par des courants contraires. Ces deux paires de poignets agités, ne sont que le prolongement direct et logique de jeunes provinciaux. « Provinciaux » a ici été préféré au plus rustre mais peut-être plus approprié « plouc » ; les lecteurs sont priés de se faire leur opinion sur la question par eux-mêmes. En tout cas, pour le jeune homme aux marques hâlées des lunettes de soleil, le verdict est sans appel : tout à fait le genre d'adolescents inintéressants qui viennent se défouler les métacarpes sur cette machine de bois et d'acier tous les dimanches matins et qui se vêtent comme mon père quand celui-ci part faire du sport. En d'autres termes, des ploucs, faisons fis de la bienséance et des clichés sur la ruralité ! Le narrateur est bien d'accord sur ce point avec le jeune homme au visage rendu rouge par le soleil. Le narrateur se dit d'ailleurs que ce jeune homme au sourire aguicheur lui ressemble davantage qu'il ne l'aurait cru au premier abord. Il dirait même plus : son portrait craché étant jeune. Un faux sans nul doute, mais sacrément bien imité. Très bon coup de pinceau.
_____Le narrateur en était las de ces réflexions laborieuses et introspectives lorsque le regard épilé du jeune homme se pose sur un de ses contemporains qui vient de faire une entrée remarquée dans le bar, beau comme un mannequin de vitrine. Un petit pédé fashion (voire fashionplouc pour les intimes), lunettes mouche de contre-façon, coiffure plaquée dans le vent, polo rayé (concordance parfaite avec la tapisserie), ceinture D&G, jean délicieusement et grivoisement moulant, petit sac hors de prix, chaussures hors de vue, patiente devant la caisse enregistreuse. Notre jeune homme, comme de coutume, n'a rien perdu de tous ces détails et son axe optique s'est arrêté sur l'auguste postérieur ATHENA de cet adonis. Les railleries qu'il entend loin de lui, concernant le fashion (à prononcer comme un paysan de la Dordogne qui n'a jamais dit un mot d'anglais : « fachone »), tirent le jeune homme aux dents dignes d'un spot publicitaire faisant la promotion d'un produit d'hygiène dentaire, tellement elles sont éclatantes de blancheur, de sa contemplation interfessière (veuillez pardonner ce barbarisme que vous comprendrez sans difficulté aucune). Sa colère légitime est davantage portée contre lui-même et contre son changement de comportement, dû, pense-t-il, à cette retraite dans le centre de nulle part. En temps normal, lui aussi se serait moqué de cette folle aux poumons en danger, qui a un porte-monnaie à la place du cerveau et un paquet de légères à la main, s'attirant tous les regards outrés sur un cul libéré comme on doit en voir très peu ici, en sortant par la petite porte. Mais voilà, si loin de toute civilisation, cette démarche chaloupée réveille en notre jeune homme à l'esprit « people watching » (merci à Têtu de donner - enfin - un nom à cette activité) des sentiments oubliés.

_____L'allégorie de la surconsommation citadine réveille en certains hétérosexuels convertis (« nous sommes tous des homosexuels refoulés » citation anonyme et idiote, j'en ai la preuve incontestée : je ne me sens refoulé sous aucun aspect) des fantasmes, alors que les deux provinciaux sortent, en n'omettant pas de prendre au passage leur casque de scooter, et que la tasse s'éloigne des lèvres parfum abricot de notre jeune homme élaborant de jolies phrases entre ses neurones, vide.


Table des matières 3/10

Qui, en premier, découvrira d'où provient cette image ?

# Enviado el viernes 31 de agosto de 2007 05:00

Modificado el miércoles 26 de septiembre de 2007 06:54

Beauvoir sur Mer-« C'est une journée particulière, c'est mon anniversaire, le dixième, la copie conforme du neuvième, coup de sonnette, ah les voilà, coup de sonnette deux fois, tonton est un blagueur »

Beauvoir sur Mer-« C’est une journée particulière, c’est mon anniversaire, le dixième, la copie conforme du neuvième, coup de sonnette, ah les voilà, coup de sonnette deux fois, tonton est un blagueur »
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_____J'ai un oncle qui n'a pas l'air gêné – serait-ce là un bel euphémisme ? – par le caratère sexiste, homophobe et/ou raciste de ses blagues. C'est au choix et à emporter (en raison de nombreux problèmes nous n'acceptons plus les chèques).
C'est ici que se cache, j'oserai dire, la différence fondamentale entre lui et moi. Sans vous parler de son rire gras et de son sourire qu'en toute subjectivité je qualifierais de terriblement pervers. Au moins tout aussi ragoûtant que sa silhouette mal équarrie. Il eût été préférable je vous le dis, que Michel Ange ne fût pas dérangé lorsqu'il dégageait la pierre qui le constitue. Ce connard de beauf. Enfin moi je dis ça, je dis tout.


Et chauve avec ça !




Table des matières 4/10

# Enviado el viernes 31 de agosto de 2007 07:46

Modificado el viernes 31 de agosto de 2007 11:20